Les murs pour les nuls !

J'en apprends tous les jours ! Et la leçon de la semaine a porté sur les différentes possibilités pour monter un mur. Je vais donc prendre un grand plaisir à vous transmettre cette information cruciale pour le Geek de la construction que vous êtes (et que je deviens...).
La 1ère alternative, et la plus fréquemment utilisée, consiste à se servir des parpaings.
On débute par la construction des fondations au niveau du sol sur lesquelles on va monter, à chaque angle, des poteaux verticaux ferraillés. Ça ressemble à cela :








On y insère ensuite des blocs de parpaing d'angle (avec un trou pour laisser passer la ferraille). Puis on va poser les blocs de parpaing à la suite (avec un alignement au cordeau s'il vous plaît). Et on "colle" chaque étage avec du mortier. Un jeu d'enfant !


Nous avons utilisé cette technique pour monter les murs de notre cave.
En revanche, pour le mur mitoyen de la maison existante, nous avions besoin de construire une structure s'apparentant à un voile béton (mur en béton armé). Les parpaings classiques se transforment alors en "blocs à bancher". C'est un système qui ressemble à un coffrage avec des blocs de béton creux (on peut y passer la main). On monte les blocs au fur et à mesure en créant comme des cheminées verticales dans lesquelles on va couler le béton. La forme des blocs à bancher permet également d'y introduire un ferraillage horizontal et vertical.


















Le mur en bloc à bancher est donc plus solide que le mur en parpaing et d'une mise en oeuvre plus aisée qu'un mur en béton armé !

Petit quizz pour voir si vous avez bien suivi...
Quel est le mur en parpaing et celui en bloc à bancher, gauche ou droite ?
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Reprise en sous oeuvre...

Comment se contredire en quelques jours.... En vous expliquant que finalement nous avons dû reprendre les fondations de la maison (notes de l'ingénieur structure à l'appui !).
Opération très délicate puisque en sous oeuvre (c'est-à-dire sous la maison existante).
Et hop ! Un magnifique schéma pour illustrer mon propos :









Pour être totalement honnête, c'est après-coup que je me suis rendue compte des risques encourus : fissures, voire effondrement partiel ou total du bâtiment existant (Sic !) L'expression de sérénité qu'à reflété le visage de Benjamin (le Chef Maçon) une fois l'opération terminée en a été le révélateur.
Pour les geek de la construction, je vais maintenant tenter de vous expliquer la technique dite de reprise en sous oeuvre par passes alternées :
1. Positionner un système d'étaiement provisoire (avec des madriers et des butons en bois) pour "tenir" la maison


















2. Creuser sous le mur (le cas présent sur une hauteur de 50 cm)
3. Coffrer et couler le béton en y insérant un ferraillage horizontal.












Et surtout on réalise ces opérations par tranches successives (on creuse sur 1 mètre environ, on coule 1 mètre de béton, puis quand c'est sec on re-creuse sur 1 mètre, etc...)




















Et voilà le résultat !







Ma citation du jour :

" Nous considérons l'artisanat comme
une des formes exemplaires de l'activité humaine"
Simone de Beauvoir.

Terrassement : Convoi exceptionnel et numéro d'équilibriste

IMPRESSIONNANT.... Je ne trouve pas d'autre mot pour décrire les évènements des jours précédents. Le terrassement aura consisté à creuser un énorme trou correspondant à l'emprise de la cave enterrée et des fondations de l'extension.
Si vous vous souvenez bien, devant le nombre de brouettes qui auraient été nécessaires pour excaver la terre, nous avions choisi l'option... d'envergure. L'envergure à dépassé notre imagination puisque, telle la cigogne apportant son magnifique baluchon, un convoi exceptionnel a transporté, de nuit, une pelleteuse plutôt... imposante !
Je vous laisse admirer.




Avec un tel engin, une seule journée aura suffi pour creuser notre "gouffre de Padirac"




















Et voici le résultat :





















Les péripéties :

Une bonne nouvelle ! La terre végétale (partie noire sur les photos) est de bonne qualité. Précieuse, nous l'avons donc soigneusement mise de côté pour l'utiliser en fin de chantier dans le jardin.
Une moins bonne nouvelle : les fondations de la maison sont moins profondes que prévu. L'extension étant construite de manière désolidarisée (en terme de charge) de l'existant, cela n'est pas trop gênant. Mais l'ouverture du mur porteur ne sera réalisée qu'une fois les murs et le plancher de la cave montés.
Notez qu'il serait tout de même embêtant que la maison s'écroule maintenant !
Et pour finir, un petit aperçu des dons d'équilibre nécessaires à la poursuite du chantier.
Je ne m'y suis pas encore essayée !

Gros oeuvre : le début d'un bel ouvrage ?



Après 2 semaines de pause, le gros oeuvre est lancé.
C'est à dire ? Tout ce qui concourt à la solidité et la stabilité de l'édifice, la construction de l'ossature.

D'ici mi juillet (6 semaines), nous devrions avoir mis en oeuvre :
- le terrassement pour creuser la cave et réaliser les fondations
- la construction de l'extension
- les consolidations de structure dans la maison actuelle
- les démolitions d'allèges
Bref une maison close avec sa forme et ses ouvertures définitives !! Le timing sera t-il respecté ?

Le programme des 3 premiers jours :
- La démolition de la clôture de la maison pour faciliter l'accès
- La livraison du matériel : (parpaing, etc...) Quatre camions ont été nécessaires...





























- et on a "calé" les niveaux des différentes constructions. Pour cela la technique consiste à tracer une ligne à un mètre de hauteur par rapport au sol fini (soit le niveau actuel + hauteur de la dalle béton, de l'isolation du sol, et du parquet). Le repère est tracé sur les murs intérieurs et extérieurs, et servira de base à tous les calculs de niveaux et hauteurs.





















Les anecdotes de la semaine ?


Une distribution de petits papiers à tous les voisins afin qu'ils ne garent pas leurs voitures dans l'impasse durant une semaine. Du coup je me retrouve avec les clefs des véhicules à déplacer lors des arrivées et départs des camions...

Un chantier qui débute avec 2 jours de retard pour cause de panne du camion de l'entreprise de gros oeuvre sur le périph... Il va falloir que je de-stress et que je m'y fasse !!!

310 millions de tonnes par an....


310 millions de tonnes par an...

De quoi parle t'on ?

De la quantité annuelle de déchets rien que pour les chantiers de démolition et de travaux publics français (dixit Wikipedia).

Pourquoi j'en parle ?
  • Parce que c'est une composante que l'on ne présume pas mais dont le coût est non négligeable, et avec une responsabilité environnementale importante.


  • Et parce que j'ai vécu une expérience plutôt dépaysante à ce sujet. Je vais vous la relater après les informations théoriques et pratiques qui vont suivre (cela s'appelle du teasing...)

Tout d'abord voici quelques notions de quantité et de coût. A titre d'exemple le fait de creuser une cave en sous-sol représente environ 140 m3 de terre à évacuer soit une estimation de 210 tonnes...



Si l'on compte une moyenne de 14 brouettes au m3 cela nous donne un total de 1960 brouettes à manipuler ! Alors on arrête de faire les gros bras et on confie cela à une entreprise qui va louer machine, benne, et gérer la mise à la décharge...





En fonction du volume de gravats et déchets que vous avez sur votre chantier plusieurs solutions sont possibles :



  1. Les communes ont en général une déchetterie accessible aux habitants. Cela a le grand avantage d'être le plus souvent gratuit mais limité en quantité. Par exemple sur ma commune un maximum de 2m3 par jour est autorisé.

  2. Les entreprises spécialisées dans la gestion de déchets vous proposent une gamme de services assez étendue comme la location de benne avec ramassage organisé par leurs soins, ou mise à disposition de sacs spéciaux avec une tarification au sac.

  3. Votre maître d'oeuvre (c'est à dire l'artisan, l'entreprise générale, etc...) apporte lui même les gravats directement dans une déchetterie. Ces déchets y sont ensuite "revalorisés" (par exemple les gravats sont réutilisés en remblaiement de carrières). Cette dernière solution est bien évidement la plus simple pour vous.

Pour de grandes quantités de gravats, quelque soit la solution choisie elle aura un coût assez... exorbitant.


Je repars sur mes chiffres. la déchetterie industrielle la plus proche de chez nous affiche un tarif de 38 euros la tonne de gravats. J'aurai environ 210 tonnes de terre à évacuer soit 8155 euros. Reste ensuite à payer l'excavation de la terre, son chargement et son transport, soit au total presque le double !



Alors pour me "consoler", je suis allée voir ce qu'est un centre de transfert de déchets industriels. Et là c'est une expérience à part entière, une ambiance très particulière qui m'attendait.


Pour planter le décor, je suis assise à l'avant d'un camion entourée de 2 maçons polonais. Une fois passée l'entrée du site, le camion se positionne sur la balance pour être pesé "à plein". Une longue rampe nous emmène ensuite en sous sol dans un immense hangar éclairé par des puits de lumière.



















On assiste alors à un véritable ballet de pelleteuses et de camions bennes. Des tonnes de poussières qui tombent du ciel et une luminosité presque biblique... Alors forcement je suis descendue du camion pour prendre quelques souvenirs picturaux de cette expérience... Et après m'être fait remonté les bretelles pour cause de sécurité, je suis vite remontée dans le camion vidé et re-pesé "à vide" afin de calculer le poids des gravats à régler à la caisse.



Mystique vous avez dit ???

Cliquez sur la flèche ci dessous pour la version animée.

je démolis, tu démolis, il démolit....

Démolition, déblai, décombres, déprédation, destruction, effondrement, gravats... voici ce qui s'est passé les 2 dernières semaines sur le chantier.

Dit comme cela, c'est un peu triste....
Mais souvenez vous du ravissement que cela peut procurer !!!!!




Alors partons du côté de la jouissance et voyons en images le résultat de la force humaine (dans le cas présent 2 ou 3 polonais selon les jours).




On débute par vider la maison, et voici le jardin 4 heures après l'ouverture officielle du chantier.
















On attaque ensuite le 1er étage...














puis le second...



















et enfin le RDC !
A ce niveau, l'équipe d'ouvriers a attaqué la dalle béton au marteau piqueur, puis décaissé de 20/30 cm le sol. Les fondations de la maison étant assez profondes, nous n'avons pas eu besoin de renforcer les murs avant de creuser.





La suite consistait à ouvrir les trémies d'escalier. Nous n'aurons dans un 1er temps que celle du RDC (ci dessous).



Concernant celle située entre le 1er et 2ème étage, il nous faudra attendre... Dans les combles, nous avons découvert à l'intérieur d'une cloison une poutre de soutien verticale qui repose à l'endroit ou devait être située la trémie. La solution ? Poser un IPE horizontal en remplacement de cette poutre, et une fois la structure consolidée/assurée, casser le plancher pour ouvrir la trémie.










Et maintenant que l'accès au 1er étage peut se faire par l'intérieur (c'est le début des échelles...), l'escalier extérieur n'a plus lieu d'être !


















Dernière visite guidée avant démolitions



Si certains d'entre vous ont le souhait inavoué de se débarrasser de leurs jeunes enfants ou grands parents.... il ne vous reste que quelques jours pour les inviter à prendre ces escaliers !
Nous atteignons maintenant les combles de la maison. Combles plutôt confortables puisque la partie la plus basse est à 1m70 de hauteur sous plafond.
Cet espace sera le domaine des parents avec chambre, dressing et salle de douche dans la petite pièce du fond. De l'autre coté de l'escalier, la chambre d'amis accueillera les visiteurs.













La chambre des parents





La future salle de douche















Le balcon qui nous permettra de profiter d'une vue plongeante sur le jardin et les maisons environnantes
La chambre d'amis
Et enfin, quel plaisir de pouvoir partager avec vous ces exemples du bon goût d'il y a .... quelques années...




Les papiers peints





La fresque (haute de 3 étages...) qui embellit le mur pignon de notre voisin.