310 millions de tonnes par an....


310 millions de tonnes par an...

De quoi parle t'on ?

De la quantité annuelle de déchets rien que pour les chantiers de démolition et de travaux publics français (dixit Wikipedia).

Pourquoi j'en parle ?
  • Parce que c'est une composante que l'on ne présume pas mais dont le coût est non négligeable, et avec une responsabilité environnementale importante.


  • Et parce que j'ai vécu une expérience plutôt dépaysante à ce sujet. Je vais vous la relater après les informations théoriques et pratiques qui vont suivre (cela s'appelle du teasing...)

Tout d'abord voici quelques notions de quantité et de coût. A titre d'exemple le fait de creuser une cave en sous-sol représente environ 140 m3 de terre à évacuer soit une estimation de 210 tonnes...



Si l'on compte une moyenne de 14 brouettes au m3 cela nous donne un total de 1960 brouettes à manipuler ! Alors on arrête de faire les gros bras et on confie cela à une entreprise qui va louer machine, benne, et gérer la mise à la décharge...





En fonction du volume de gravats et déchets que vous avez sur votre chantier plusieurs solutions sont possibles :



  1. Les communes ont en général une déchetterie accessible aux habitants. Cela a le grand avantage d'être le plus souvent gratuit mais limité en quantité. Par exemple sur ma commune un maximum de 2m3 par jour est autorisé.

  2. Les entreprises spécialisées dans la gestion de déchets vous proposent une gamme de services assez étendue comme la location de benne avec ramassage organisé par leurs soins, ou mise à disposition de sacs spéciaux avec une tarification au sac.

  3. Votre maître d'oeuvre (c'est à dire l'artisan, l'entreprise générale, etc...) apporte lui même les gravats directement dans une déchetterie. Ces déchets y sont ensuite "revalorisés" (par exemple les gravats sont réutilisés en remblaiement de carrières). Cette dernière solution est bien évidement la plus simple pour vous.

Pour de grandes quantités de gravats, quelque soit la solution choisie elle aura un coût assez... exorbitant.


Je repars sur mes chiffres. la déchetterie industrielle la plus proche de chez nous affiche un tarif de 38 euros la tonne de gravats. J'aurai environ 210 tonnes de terre à évacuer soit 8155 euros. Reste ensuite à payer l'excavation de la terre, son chargement et son transport, soit au total presque le double !



Alors pour me "consoler", je suis allée voir ce qu'est un centre de transfert de déchets industriels. Et là c'est une expérience à part entière, une ambiance très particulière qui m'attendait.


Pour planter le décor, je suis assise à l'avant d'un camion entourée de 2 maçons polonais. Une fois passée l'entrée du site, le camion se positionne sur la balance pour être pesé "à plein". Une longue rampe nous emmène ensuite en sous sol dans un immense hangar éclairé par des puits de lumière.



















On assiste alors à un véritable ballet de pelleteuses et de camions bennes. Des tonnes de poussières qui tombent du ciel et une luminosité presque biblique... Alors forcement je suis descendue du camion pour prendre quelques souvenirs picturaux de cette expérience... Et après m'être fait remonté les bretelles pour cause de sécurité, je suis vite remontée dans le camion vidé et re-pesé "à vide" afin de calculer le poids des gravats à régler à la caisse.



Mystique vous avez dit ???

Cliquez sur la flèche ci dessous pour la version animée.

je démolis, tu démolis, il démolit....

Démolition, déblai, décombres, déprédation, destruction, effondrement, gravats... voici ce qui s'est passé les 2 dernières semaines sur le chantier.

Dit comme cela, c'est un peu triste....
Mais souvenez vous du ravissement que cela peut procurer !!!!!




Alors partons du côté de la jouissance et voyons en images le résultat de la force humaine (dans le cas présent 2 ou 3 polonais selon les jours).




On débute par vider la maison, et voici le jardin 4 heures après l'ouverture officielle du chantier.
















On attaque ensuite le 1er étage...














puis le second...



















et enfin le RDC !
A ce niveau, l'équipe d'ouvriers a attaqué la dalle béton au marteau piqueur, puis décaissé de 20/30 cm le sol. Les fondations de la maison étant assez profondes, nous n'avons pas eu besoin de renforcer les murs avant de creuser.





La suite consistait à ouvrir les trémies d'escalier. Nous n'aurons dans un 1er temps que celle du RDC (ci dessous).



Concernant celle située entre le 1er et 2ème étage, il nous faudra attendre... Dans les combles, nous avons découvert à l'intérieur d'une cloison une poutre de soutien verticale qui repose à l'endroit ou devait être située la trémie. La solution ? Poser un IPE horizontal en remplacement de cette poutre, et une fois la structure consolidée/assurée, casser le plancher pour ouvrir la trémie.










Et maintenant que l'accès au 1er étage peut se faire par l'intérieur (c'est le début des échelles...), l'escalier extérieur n'a plus lieu d'être !


















Dernière visite guidée avant démolitions



Si certains d'entre vous ont le souhait inavoué de se débarrasser de leurs jeunes enfants ou grands parents.... il ne vous reste que quelques jours pour les inviter à prendre ces escaliers !
Nous atteignons maintenant les combles de la maison. Combles plutôt confortables puisque la partie la plus basse est à 1m70 de hauteur sous plafond.
Cet espace sera le domaine des parents avec chambre, dressing et salle de douche dans la petite pièce du fond. De l'autre coté de l'escalier, la chambre d'amis accueillera les visiteurs.













La chambre des parents





La future salle de douche















Le balcon qui nous permettra de profiter d'une vue plongeante sur le jardin et les maisons environnantes
La chambre d'amis
Et enfin, quel plaisir de pouvoir partager avec vous ces exemples du bon goût d'il y a .... quelques années...




Les papiers peints





La fresque (haute de 3 étages...) qui embellit le mur pignon de notre voisin.














Visite guidée (la suite)

Nous arrivons au 1er étage de la maison. En voici le plan actuel :









- l'entrée se fait par l'escalier extérieur,
- à droite le séjour au bout duquel se trouve la salle de bain
- et à gauche la cuisine , que l'on doit traverser pour accéder à la chambre.

Une distribution idéale !



Notre projet ayant placé les "pièces de vie" au rez-de-chaussée, les 2 étages suivants seront consacrés aux chambres. L'idée à terme étant de consacrer le 1er étage aux enfants et le second aux parents et visiteurs. Mais les contraintes budgétaires nous amènerons peut-être à partager le 1er étage avec les filles dans un 1er temps...


On trouve donc dans ce 1er étage :


- la porte d'accès à la terrasse en face de l'escalier


- une salle de bain


- une première chambre de 16m2 avec une petite pièce au bout (l'ex salle de bain) qui servira soit de salle de jeux soit de dressing


- et de l'autre coté une seconde chambre de 15m2 dont les 2 fenêtres donnent sur la terrasse.


Et voici quelques illustrations :



La porte d'entrée





















Le salon qui deviendra chambre












La superbe salle de bains avec un carrelage qui méritait d'être immortalisé



















La cuisine et la chambre qui seront regroupées pour se transformer en une grande chambre













Une visite guidée (1ere partie)

Nous avons donc obtenu le permis de construire, les tiers ne se sont pas manifestés... et nous avons signé l'acte de vente mi avril 2010. Le chantier va pouvoir véritablement débuter !

Avant cela voici une visite guidée du lieu et des transformations à venir !




Tout d'abord la vision d'ensemble de ce à quoi cela devrait ressembler dans quelques mois.

"Le projet est de créer une harmonie entre l'existant et l'extension. Le soubassement actuel en enduit de ciment sera habillé de deux matériaux : une allège en plaquette brique de teinte noire puis un habillage en bardage zinc anthracite. Ce principe vaut également pour l'extension. Le nouveau volume sera composé d'un rez-de-chaussée surmonté d'une terrasse accessible." dixit l'architecte.

Nous débutons la visite par le rez-de-chaussée constitué actuellement du garage et d'un atelier.
La mode de l'outdoor n'étant pas encore arrivée dans les années 1920... l'habitation était "déconnectée" du jardin (cuisine et séjour au 1er étage). La réorganisation des espaces nous a donc naturellement amené à positionner les pièces de vie de plain pied avec ce jardin.

Voici le plan de son état à venir !











On entre par ce qui sera la porte d'entrée de la maison....



... pour accéder à l'espace vestiaire / buanderie / escalier à créer pour monter aux étages (coin en haut à gauche du plan)


.
















Cette partie droite de la pièce va être ouverte pour accéder à la partie extension (cuisine et salle à manger).
Sous cette extension sera creusée une cave de la même dimension (soit environ 30 m2)






Le saviez vous ?
Un mur porteur peut être modifié/ supprimé. Pour cela il faut renforcer la structure avec des poutrelles en acier en forme de I, de H ou de U. Ces IPE (pour les I) existent en différentes dimensions en fonction des besoins.
Opération délicate... faites appel à un professionnel !




Nous poursuivons par le salon ...


















Pour accéder à mon futur bureau situé au fond du jardin, juste devant le cerisier... L'accès s'effectuera par cette fenêtre une fois transformée en porte !

Mettre à profit l'attente des autorisations

L'historique de la vente de cette maison est un peu complexe puisque vendue une première fois quelques mois avant notre visite. Le précédent acquéreur avait obtenu son permis de construire mais le voisinage avait bloqué son projet.

Avantage pour nous sur la négociation du prix de vente... mais un risque réel que notre projet n'aboutisse pas non plus.

Nos "tips" pour cette course à rebondissements :

Inclure dans le compromis de vente une clause suspensive liée à l'obtention du permis de construire et du recours des tiers. Résultat : environ 7 mois d'attente avant d'être réellement propriétaires, mais pas de risque de se retrouver avec un prêt relais et un chantier bloqué...

Un peu de lobbing auprès des voisins : leur montrer les plans avant de les déposer en mairie, obtenir leur consentement oral, passer régulièrement discuter et se montrer sous son meilleur jour...

7 mois c'est long... mais cela correspond à une durée d'étude normale pour ce type de projet.
Le but de ces études est double :
- Analyser les contraintes techniques du chantier : Souhaitant adjoindre une extension à la maison existante et creuser une cave en dessous, nous avons fait réaliser un sondage du sol par une société spécialisée puis fait appel à un ingénieur structure pour valider les différentes options. De ce côté là nous avons tiré la bonne pioche. Pas de problème en vue.
PS : Si vous en croisez une dans la rue... une machine à sonder cela ressemble à ça...

- Faire établir des devis par les différents corps de métier. Et là ça commence à coincer....
Déjà il faut réussir à les obtenir ces devis.... Combien de fois ai-je entendu cette phrase "oui oui je travaille dessus en ce moment ! Promis je vous l'adresse par email ce soir"
Et quand finalement on découvre l'email tant attendu dans sa boite.... on ouvre la pièce jointe, on va directement en bas à droite de la page, et on crie "aie" en comparant le chiffre avec les estimations budgétaires....

Jusque là rien d'anormal... Cela fait partie de la vie de chantier. On adapte les plans que l'on avaient imaginés dans nos rêves les plus fous. On garde ce qui nous tiens à coeur et on retire le jacuzzi, le sol en marbre, et les robinets en or massif...

Compromis de vente et phase visionnaire

Le compromis de vente est signé dans la foulée en juillet 2009 avec pas mal de monde regroupé dans un bureau !
En voici les protagonistes :

- Michel (mon cher et tendre...) et moi-même
- Le propriétaire : un vieux monsieur charmant mais pour qui cette maison est en parfait état d'habitation. C'est une évidence puisque rien n'a été touché depuis 1955...








et d'ailleurs, voici notre futur salon !












- L'agent immobilier
- Les 2 notaires (vendeur et acquéreur)

Le saviez-vous ? Un compromis de vente est signé devant notaires alors qu'une promesse de vente est réalisée par l'agence immobilière. Les 2 options sont possibles. Vu l'engagement à venir, les conseils d'un notaire ne me semblent pas superflus et nous ont été en tout cas fort utiles !

Seconde bouteille de bulles !!!
(PS : je lance un pari. Combien de bouteilles d'ici la pendaison de crémaillère ?)


Le mois d'août 2009 est studieux, amical et exaltant !
Nous contactons d'abord un géomètre pour établir les métrages et dessiner l'état des lieux. Après l'archi, le géomètre est aussi un ami... On constitue petit à petit la "Dream Team". Merci Jean-Pierre !
Nous passons ensuite une semaine de vacances avec Harold (l'archi... promis je vais faire un post avec la description de cette dream team, histoire de vous repérer un peu).


Au programme, des plans, des plans et des plans... Tous les projets sont alors possibles. C'est une phase très exaltante et créative.


Le fait de déjà se connaître accélère le process. Nos goûts, préférences, modes de fonctionnement, points forts et faiblesses de chacun ne font plus mystère et sont sujets à moquerie. Tous amateurs de bonne chère et de bon vin, cela se passe dans une ambiance familiale et ... festive !
Une fois le style et les plans déterminés, Harold va passer "quelques" heures sur Autocad pour constituer le dossier de permis de construire.
Promis dans le prochain post je tente de vous mettre plus de photos et les plans du projet !